REPORTAGE. À Lorient, pour Colette et ses copines, « la boxe c’est notre moment à nous »

Odette, 67 ans, retrouve ses copines tous les mardis après-midi à la salle des sports de Kervaric, à Lorient (Morbihan). Leur discipline ? La boxe anglaise. Et elles adorent !

« Et voilà… les filles vont encore être en retard ! » Odette a la pêche et accessoirement apprend à en donner ! À 68 ans, elle vient chaque mardi à la salle des sports de Kervaric, à Lorient (Morbihan), pour suivre les cours de Malik Yahiaoui.

L’éducateur sportif du Boxing-club lorientais est un passionné qui remue tout ce qu’il peut pour ouvrir la boxe au plus large des publics : les jeunes de Kervénanec, Bois-du-Château, Frébault, il frappe aux portes des maisons de quartier, va jusqu’à la prison de Plœmeur. Il a même monté ce cours spécialement pour les femmes de tous âges, à l’heure où les enfants sont à l’école.

Et elles adorent retrouver leur coach même s’il les fait souffrir. « Après la séance de mardi dernier, j’avais mal partout, il nous fait souffrir, se marre Odette en regardant Malik. J’ai essayé une séance l’année dernière et je suis revenue. Je marche beaucoup aussi. » Odette saisit son podomètre, « tiens, j’ai fait 7,03 km ce matin ».Ce qui ne l’empêche pas d’être là à 14 h pétantes.

Les copines lui emboîtent le pas, Odette est déjà prête. « Ici, c’est l’évasion, je ne pense qu’à moi. Le reste du temps, je fais la liste des choses à anticiper : les courses, le repas, le linge, les enfants… » Accessoirement, Odette sait qu’elle va gagner en assurance en choisissant la boxe.

Malik va lancer la séance, il monte le son de l’ampli avant d’ouvrir l’échauffement en musique : « 1, 2, 1, 2, droite, gauche, on croise bien devant, c’est nickel ! » Les yeux rieurs d’Odette font le reste, le groupe est à son diapason.

Elles sont cinq ce mardi-là et toutes ont une sacrée banane au milieu du visage. « Allez on bouge, allez la vieille ! » Farah vient depuis un an, « contente de voir du monde. Je fais du sport à la maison, ici c’est mieux à plusieurs. Je me sens en confiance dans ce groupe », confie-t-elle à la faveur d’une courte pause. Mélanie débute tout juste, « très enthousiaste à l’idée de faire de la boxe. En sortant, on attend avec impatience la séance suivante. »

« Elles sont belles les mamies ! »

L’autre ingrédient de cette séance aux allures de dance-floor, c’est l’humour et la décontraction. Avec un mot de la fin signé Marie-Pierre : « On va pouvoir aller à la plage et ils vont tous dire, punaise, elles sont belles les mamies là ! »

Source : Ouest-France